Chronicle of Long Lake

Chronique du lac Long

Par Richard Chartrand, 2020-04-25


Écrire une chronique sur le lac Gagnon, c’est aussi faire un retour sur le passé et essayer de se rappeler ses débuts au lac, pour ceux qui y étaient à partir de 1950, dont moi. Mais c’est aussi se remémorer ou vouloir raconter ce qu’on sait du lac Gagnon, dont son nom d’avant 1968, soit le lac Long. Cette chronique ne se veut pas un cours d’histoire, mais un retour dans le temps s’impose quand même un peu. Ce sera aussi une suite de petits récits qui donneront une idée de ce qu’était le lac et de ce qu’il est maintenant. Sans prétentions. L’idée de cette chronique est celle de Louis St Hilaire, actuel président de l’Association des propriétaires du lac Gagnon (APLG). C’est un “ vieux ” du lac comme moi, ou presque. Mes plus vieux souvenirs datent de 1950 environ. Avant, ce sont les versions de mon grand-père Albert. Ses souvenirs à lui ce sont ceux de son père Georges, qui a baptisé certains de ses enfants à Duhamel en 1902-03.

Commençons donc par ses premiers habitants, des Algonquins. Je ne reculai pas jusqu’en 1653, où ceux-ci furent décimés par les Iroquois au lac Nominingue selon les récits de l’époque. L’histoire pour nous et pour certains habitants de Duhamel et ses descendants débute approximativement à la colonisation de la région, soit fin du 19e siècle. Une des premières cartes sur laquelle on voit le lac Long a été produite par Joseph Bureau explorateur et arpenteur. Tout un personnage. Elle a été préparée selon les instructions de la compagnie forestière Gilmour & Co. en 1852 et dont voici le lien: Plan North Nation 1852 pour ceux qui voudraient la voir à l’écran. La version papier se trouve en page annexe. Évidemment, c’est le bois qui intéresse les forestiers, en particulier le pin blanc, alors en abondance et de très bonne qualité. Sur cette carte on y voit aussi les portages indiens. Ce document permet de supposer que les paysages que l’on voit actuellement diffèrent sensiblement de ceux de cette époque. Le grand pin blanc, dont un spécimen typique de l’époque peut être encore croisé sur le sentier Caroline dans la forêt ancestrale, a plus de 12 pi (4m) à la base! Aujourd’hui, le pin blanc se fait plus rare. On n’a qu’à regarder le sommet des montagnes vue du lac. Ceux qui dépassent beaucoup plus que les autres sont les derniers témoins de cette époque.

Qui habitait au lac Long à cette époque? Selon un recensement de 1861 (Recensement 1861) par les Sulpiciens au lac Long (nom indien Kajakokanak, qui signifie long) et au Grand lac Preston, alors appelé Grand lac du Poisson Blanc (Atikamekong en Algonguin), il n’y avait que des Algonquins sauf un canadien marié à une autochtone habitant sur ce dernier. On y retrouve aussi certains noms ou prénoms qui ont encore un usage aujourd’hui au lac Gagnon. Pointe-à-Baptiste, Dam-à-Tanascon, Creek Simon (rivière Ernest), Roche-à-Jean (au sud ouest du lac avant d’arriver à la grande plage. Ces appellations font référence à Simon Kanawato, Jean-Baptiste Bernard, Louis nascon. Nous verrons dans une prochaine chronique l’arrivée des premiers colons et leur impact sur le lac Long

By Richard Chartrand, 2020-04-25


The Beginning:
For those of us who have been living at Lac Gagnon since 1950, writing a chronicle about the Lake is not just about looking back and remembering our early days there, but it also means recounting its early history, including its pre-1968 time when it was called Lac Long or Long Lake. This chronicle is not meant to be a history lesson, but it does require a brief look back in time into the history of the region. It will also be a series of short stories that will give an idea of what the lake was like then and what it is now without being pretentious. The idea for this chronicle came about after discussions with Louis St-Hilaire, the current president of the Association des propriétaires du lac Gagnon (APLG). He is an "old" lake man like me... or almost. My oldest memories date back to about 1950. Before that, they are the versions of my grandfather Albert. His own memories are those of his father Georges, who baptized some of his children in Duhamel in 1902-03.

Let’s start with the first inhabitants, the Algonquins. I won’t go back to 1653, when they were decimated by the Iroquois at Lac Nominingue according to the history books. For us and for some of the people of Duhamel and their descendants, the story begins around the time of the region’s colonization, at the end of the 19th century. One of the first maps showing Long Lake was produced by Joseph Bureau, explorer and surveyor. Apparently, he was quite a character. It was prepared on the instructions of the Gilmour & Co. logging company in 1852 and here is the link: Plan North Nation 1852 if you would like to view it. As you can see from the map, the loggers were interested in the wood, especially white pine, which was abundant and of very good quality at the time. You can also see the Native portages. We can assume that the landscape we see today has changed significantly from what it was back then. The great white pine, a typical specimen of which can still be seen on Sentier Caroline in the original growth forest, was more than 12 ft (4m) in diameter at the base! Today, the white pine is becoming rarer. Just take a look at the mountain tops around the lake. The trees that are much taller are the last witnesses of this era.

Who lived at Long Lake at that time? According to the 1861 census by the Sulpicians, the only people at Long Lake (from the native name Kajakokanak, meaning long) and Grand lac Preston, called Grand lac du Poisson-blanc (Atikamekong in Algonquin) at the time, were Algonquins except for one Canadian married to an Aboriginal woman who live at Grand lac du Poisson-blanc. There are a few names or surnames reminiscent of that time that are still in use today at Lac Gagnon. Pointe-à-Baptiste, Dam-à-Tanascon, Ruisseau Simon (Ernest River), Roche-à-Jean (southwest of the lake before reaching the large beach). These names refer to Simon Kanawato, Jean-Baptiste Bernard, Louis Nascon. We will see in a future chronicle on the arrival of the first settlers and their impact on Long Lake.